Journée de la Femme . Photo Giacomo Ferroni. Quel livre jeunesse choisir ?
Journée de la Femme . Photo Giacomo Ferroni.
Quel livre jeunesse choisir pour parler des droits des femmes ?

Quels livres jeunesse choisir pour éveiller aux droits des femmes ?

Entre militantisme à 2 balles et véritable éveil au combat des femmes, dur dur parfois de trouver de véritables supports de qualité pour évoquer avec nos enfants les droits de la femme. Voici un ressenti personnel sur l’urgence d’aborder ce sujet avec les enfants.

Dès 8 ans, Destins de femmes fabuleuses version album jeunesse

Album jeunesse "Il était une fois des femmes fabuleuses, Larousse Jeunesse "
Il était une fois des femmes fabuleuses, Larousse Jeunesse

Certes, mettre en avant le parcours de femmes d’exception comme Marie Curie, Frida Kahlo ou encore Rosa Parks est une manière d’évoquer le sujet. A cet égard, depuis quelque temps nombre d’éditeurs publient des ouvrages jeunesse en ce sens. Et ça cartonne, pour le bien de la profession du livre et pour le bien de l’éveil à la force des femmes.

Les éditeurs partent tous sûrement d’une très bonne intention, mais est-ce que le message passe vraiment ?

J’ai d’ailleurs offert un de ces livres jeunesse sur les portraits de femmes d’exception à ma nièce Faustine en novembre dernier.

Il s’agissait de ” Il était une fois des femmes fabuleuses” aux éditions Larousse Jeunesse.

Des destinées racontés par les époux Von Grüt avec les superbes illustrations de Bodil Jane.

J’avoue que je ne connaissais pas moi-même nombre de ces femmes : Wangari Maathai, Hélène Boucher, Valentina Tereshkova…

Nous avons lu quelques parcours ensemble et j’ai pu ainsi la sensibiliser au fait que les femmes, tout comme les hommes, ont le droit de penser, de s’exprimer, de défendre leurs opinions, de choisir leur destin…

Un discours qui pourrait sembler évident mais qui reste encore à nos jours un combat du quotidien contre les codes et les idées reçues imposées par notre société.

L’urgence d’éveiller à l’égalité dès le plus jeune âge

Au travers cette lecture, il m’a semblé important d’aborder le sujet de l’égalité avec ma nièce de 10 ans. Or, sans même se rendre compte, elle s’enferme déjà, parfois, dans une certaine caricature de la femme – rose édulcorée.
C’est un excellent album pour expliquer aux enfants que les femmes sont aussi brillantes que les hommes et peuvent également s’orienter, si elles le souhaitent, vers des métiers que l’on pourrait penser réservés aux hommes.

Dès 3 ans, Petit Poilu, une valeur-sûre

J’y pense ! Pour les plus petits, la BD sans texte Petit Poilu de Pierre Bailly et Céline Fraipont (dont j’ai déjà parlé dans le blog) a un numéro dédié à ce thème : L’expérience Extraordinaire.

Topissime pour aborder l’égalité homme-femme dès 3 ans.

BD Petit Poilu, l'expérience Extraordinaire, album jeunesse égalité homme femme
BD Petit Poilu, l’expérience Extraordinaire, album jeunesse sur l’égalité homme femme

Egalité Homme-Femme, kézako ?

Mais attention ! A mon sens, pour évoquer l’égalité homme femme il faut aller jusqu’au bout des choses. C’est aussi nécessaire de dire aux enfants qu’il n’existe pas de métier réservé aux hommes ni aux femmes.

Ainsi, un homme peut tout aussi décider de rester père au foyer et rester à la maison pour s’occuper de ses enfants, sans pression ; devenir nounou (d’ailleurs je repense à l’auteur jeunesse que vous connaissez surement, Jean Maubille, qui est nounou à plein temps, maquilleuse, esthéticienne… bref, vous l’avez compris.

L’engagement à 200% de l’éditeur Talents Hauts

Dans un autre registre d’ouvrages, j’ai reçu ce matin par mail la lettre d’informations de l’éditeur que j’aime beaucoup, Talents Hauts. Un message engagé qui m’a fait réfléchir avec ces mots.

Pour la Journée internationale des Droits des Femmes, vous pouvez bien sûr sacrifier à la mode féministe et offrir, au choix, une poupée Barbie à l’effigie de Frida Kahlo ou Amelia Earhart (véridique !), une des 2 347 et quelque biographies illustrées des mêmes Frida Kahlo, Lucie Aubrac, Marie Curie et… Frida Kahlo ou un roman « pétillant » pour apprendre à vos filles à devenir elles aussi de gentilles féministes. Vous pouvez aussi, tout au long de l’année, lire et faire lire de vrais livres écrits par de vraies écrivaines.

Lettre d’information – Talents Hauts / 7 mars 2019

Dès 13 ans, ZOOM sur la collection “Les Plumées” chez Talents Hauts

Si dans l’histoire de la littérature mondiale les écrits proposés par les hommes sont omniprésents, que peut-on dire de ceux proposés par les femmes ? Les hommes seuls auraient-ils tenu la plume depuis la nuit des temps ?

Au vu des textes patrimoniaux régulièrement réédités et mis en avant en librairie, dans la presse, ou dans les programmes scolaires, on pourrait en effet le penser. A moins que…

À moins que, comme dans d’autres domaines, les femmes n’aient été dévalorisées, évincées, niées, censurées, rendues invisibles, spoliées, en un mot… « plumées » ! L’ambition de la collection « Les plumées » est de retrouver, rééditer, réhabiliter les œuvres de ces femmes de lettres. Elle a un double objectif : montrer aux jeunes lecteurs et lectrices d’aujourd’hui que la littérature s’est toujours conjuguée au féminin et leur faire prendre conscience de l’immense gâchis de talents que constituent la domination masculine et le patriarcat.

Lettre d’information – Talents Hauts / 7 mars 2019

Ce message m’interpelle. J’ai du coup hâte de découvrir les ouvrages de cette collection proposée à partir de 13 ans.

  • Isoline, de Judith Gautier, Première femme membre de l’académie Goncourt, également poétesse, romancière, traductrice, journaliste et autrice dramatique.
  • Marie-Claire, de Marguerite Audoux, roman social ayant remporté le premier prix Femina en 1910. En dépit de ses origines modestes, elle s’est fait une place centrale dans le monde littéraire, notamment dans le cercle d’André Gide.
  • L’aimée, de Renée Vivien, Dans ce récit autobiographique publié en 1905, la grande poétesse et figure incontournable de la littérature lesbienne, livre les tourments de sa passion amoureuse pour l’artiste Natalie Barney.

Le mot de la fin avec Eleanor Roosevelt

” Où commencent les droits universels après tout ?

Ils commencent près de chez soi, en des lieux si proches et si petits qu’on ne peut les voir sur aucune carte du monde. Si chacun ne fait pas preuve de civisme nécessaire pour qu’ils soient respectés dans son entourage, il ne faut pas s’attendre à des progrès à l’échelle du monde. “

Eleanor Roosevelt, Déléguée des Nations Unies et première Présidente de la Commission des droits de l’Homme.

Le 9 décembre 1948, Palais de Chaillot, Paris.

A nous de jouer pour les choses bougent dans le bon sens pour les prochaines générations. Et cela commence maintenant !

Envie de découvrir d’autres billets du blogs plutôt engagés. Et si on parlait de liberté d’expression avec cet article sur le puritanisme de la littérature jeunesse américaine ?

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